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Explosif : comment mon roman s’est enraciné sur une mine ?

Explosif : comment mon roman s'est enraciné sur une mine ?

Explosif ? Cela pourrait l’être, mais ne vous inquiétez pas, vous pouvez poursuivre votre lecture sans risque.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il me faut vous poser une question.

Savez-vous où se situe l’histoire de mon roman Aime-moi si tu peux ?

L’histoire de Aime-moi si tu peux se situe dans la ville de Cloyes sur le Loir, une petite ville qui se situe à une dizaine de kilomètres de chez moi. Le nom de la ville n’est pas évoqué dans le roman, mais Angèle, mon personnage principal se promène plusieurs fois dans le Parc Emile Zola de Cloyes sur le Loir.

Extrait non explosif

Après le déjeuner, ils prennent tous les trois la direction du centre-ville. Les rues ne sont pas encore très animées, aussi décident-ils de pousser un peu plus loin jusqu’au parc derrière la mairie. Le lieu est familier de tous, et il a l’avantage de faire goûter à la nature en pleine ville. Une fois qu’on y est, on n’a plus l’impression d’être en milieu urbain.

Cette fois-ci, Angèle a prévu le pain et c’est avec plaisir qu’elle voit arriver en cancanant les canards, dès qu’ils ont passé la passerelle, frontière entre béton et verdure. Elle leur jette du pain, et bientôt, ils sont encerclés de palmipèdes tous désireux d’attraper une part du précieux butin. Une fois le sac vide, Angèle fait pivoter son fauteuil afin de prendre l’allée qui permet de faire le tour. Une promenade bien agréable en ce début de printemps non avare en soleil. Ils passent derrière le labyrinthe végétal, laissant sur leur gauche le lavoir à étage.

Ceux qui connaissent les lieux peuvent facilement se projeter dans ce parc. Dans ces conditions, il apparaitrait normal et logique que ce roman s’enracine en Eure-et-Loir, lieu de son écriture. Pourtant, vous l’aurez compris, il n’en est rien. Ce n’est pas dans son fief naturel que ce roman s’est enraciné malgré un super article dans le journal local et un passage à la radio locale. Cela aurait été trop simple, et mon article n’aurait pas lieu d’être. Alors ?

C’est à près de 530 kms de là….

Sur une mine…

Non explosive…

Dans le bassin minier de Decazville, que le roman a pris toutes ses racines.

Il me faut alors regarder au loin dans le bassin afin de comprendre le pourquoi du comment.

Explosif ? Comment mon roman s’est-il enraciné dans ce bassin minier ?

Le thème du roman

J’avais décidé de m’attaquer au thème du handicap, un thème que je n’avais pas encore exploré. Vaste thème qui me demandait de préciser un peu mon objectif. Il se trouve que ma maman, très active dans le Téléthon dans ce bassin minier, me parla beaucoup d’une jeune femme (dont je tairai le nom) qui est atteinte de l’amyotrophie spinale, maladie qui entraine un lourd handicap. Elle était venue à leur rencontre dans cette contrée un peu perdue de l’Aveyron. Je suivis alors beaucoup tout ce qui se disait sur elle, sa façon de vivre, d’aller au-delà de cette maladie en aimant la vie. Je décidai donc de m’atteler à cette maladie.

Une avancée difficile

Tout était simple dans ma tête. Un premier début qui ne me satisfaisait pas, m’obligea à repartir d’une manière différente. Puis l’écriture devint fluide… Oui mais… Je me rendis compte que je ne connaissais rien au handicap et que j’avais besoin de témoignages.

La jeune femme dont je parle plus haut ? La chose ne fut pas aisée. Elle ne répondit pas favorablement à ma demande. Je décidai donc de questionner via les réseaux sociaux. Peine perdue. J’étais prête à baisser les bras, un peu écœurée par tant de refus. Mon projet devenait explosif, un coup de grisou allait me submerger.

C’est alors que le bassin revint à mon secours. Mme Tiennot-Herment, présidente de l’AFM Téléthon, en visite, elle aussi dans l’Aveyron, prit connaissance de mes questions et de mes difficultés face à mon projet. Elle transmit ma demande à Mr Cottet, directeur général de l’AFM Téléthon, qui prit contact avec moi. Il me fut d’une grande aide, que ce soit par notre entretien téléphonique, ou par la préface qu’il a ensuite écrit. Je pris alors pleinement conscience du problème de l’accessibilité des handicapés.

Un bassin minier : le souvenir de la solidarité

Toute l’équipe de Espoir et Vie, l’association locale du Téléthon a suivi tout mon cheminement. Mais cela est-il suffisant quand je réalise aujourd’hui que les 3/4 de mes ventes papiers se sont faites dans cette région ? Je ne crois pas.

Même si la mine n’est plus exploitée depuis des années, la population n’oublie pas à quel point la vie était difficile autour de la mine. Les coups de grisous, un emploi fatigant, dangereux et mal payé. Il fallait se serrer les coudes. La mentalité reste celle de la solidarité.

Alors, lorsqu’on leur parle d’un geste solidaire, puisque chaque vente rapporte des euros au profit du Téléthon, les habitants de Decazeville et de ses environs répondent présents. Je les en remercie fortement, en mon nom d’auteure, puisque grâce à eux, je me fais connaitre, mais aussi au nom du Téléthon qui va pouvoir récolter un peu plus d’argent pour la recherche médicale. Mon compteur sera-t-il explosif en 2020 grâce à eux ?

Ces quelques racines ont grandi et ont permis à mon roman de développer un lectorat bien loin de ses origines. C’est avec plaisir que je suis allée à leur rencontre le dimanche 23 février à la Maison de la Presse de Decazeville. Les aveyronnais ont répondu présent, une fois de plus.

Cet article participe à l’évènement inter-blogueurs “Racines” organisé par le blog Copywriting Pratique. Si vous avez lu cet article et qu’il vous a plu, alors merci de cliquer sur ce lien : J’ai aimé ce que j’ai lu !